Visiter Saint-Denis : Basilique, ville, Stade de France…. – Guide de Voyage

Le Saint

Plusieurs textes, historiques et légendaires, font référence à un Saint appelé Denis.

Dans la Vie de Sainte Geneviève rédigée vers 520, Saint-Denis, ordonné évêque par Clément Ier, est envoyé évangéliser Lutèce (Paris) vers l’an 100. Il meurt avec ses deux compagnons, Rustique et Eleuthère, la tête tranchée par les romains opposés au christianisme, sans renier sa foi. Grégoire de Tours, évêque de Tours au VIème siècle, situe son martyre vers 250, au temps de l’empereur Dèce.

Selon Hilduin, abbé de Saint-Denis au IXème siècle, Saint-Denis serait le célèbre Denys l’Aréopagite d’Athènes, cité dans les Actes des Apôtres, venu prêcher l’Evangile à Paris. Après avoir subi les supplices réservés aux premiers chrétiens, il meurt décapité sur la colline Montmartre. Il se serait relevé et aurait porté sa tête de la colline jusqu’au champ fraîchement labouré de Catulla, qui l’aurait enterré à l’emplacement de l’actuelle basilique.

Saint-Denis aurait un pouvoir protecteur et serait à l’origine de nombreux miracles.

La ville : des fleurs de lys à l’étoile rouge

Juste à la frontière nord de Paris, elle est la capitale du département de la Seine-Saint-Denis. Principalement visitée pour sa Basilique (nécropole des rois de France), elle est aussi devenue un bastion ouvrier de la ceinture parisienne depuis la fin du XIXe et l’implantation d’industries. La ville fut dès lors socialiste, puis communiste depuis la création du Parti Communiste qui encadra des générations d’ouvriers d’origine bretonne, espagnole… venues y trouver du travail dans les usines… ce qui explique l’étoile rouge sur le logo de la ville, les noms de rues à consonance russe (Lénine, Gagarine…) ou de responsables du PCF que tout le monde a oublié depuis longtemps. En 1934, le maire PCF, Jacques Doriot, quitta ce parti pour créer le Parti Populaire Français, un parti fasciste, qui contrôla la ville pendant l’Occupation.

Si le PCF dirige encore la ville, le « temps des cerises » semble néanmoins bien loin : la Seine-Saint-Denis et sa capitale s’étant couverts de grands ensembles HLM déshumanisés.

Mais la visite de la basilique ou du Grand Stade se font en toute sécurité.

– Métro : Ligne 13, direction Saint-Denis Université et arrêt Basilique de Saint-Denis (Hôtel de Ville).


La basilique

A l’origine chapelle de 20 m sur 10 m érigée au Vème siècle par Sainte Geneviève sur l’emplacement d’un cimetière gallo-romain, lieu présumé de sépulture de Saint-Denis, premier évêque de Paris, l’église abbatiale est dénommée basilique dès l’époque mérovingienne.

 

Elle connut de nombreux agrandissements entre le VIIème et le XIIIème siècle, notamment sous l’impulsion de l’abbé Suger et de Saint-Louis qui l’officialise comme la principale nécropole des rois et reines de France ; d’importantes restaurations furent entreprises au XIXème siècle sous la conduite de Viollet-le-Duc. Elle est surnommée Lucerna (la lanterne) en raison de sa luminosité.

Afin de permettre l’inhumation des aristocrates francs, la surface de l’édifice est doublée au Vème et VIème siècle. En 650, une abbaye est fondée afin d’accueillir les pèlerins de plus en plus nombreux et d’entretenir le tombeau de Saint-Denis.

Au VIIIème siècle, sous l’impulsion de l’abbé Fulrad, une église abbatiale avec une crypte semi-circulaire destinée à conserver et à vénérer les reliques des saints est construite. Elle est consacrée par Charlemagne en 775.

Au XIIème siècle, grâce aux travaux de rénovation et d’agrandissement entrepris par l’abbé Suger, conseiller auprès de Louis VI et Louis VII, architecte et régent du royaume à la fin de sa vie pendant la seconde croisade, l’abbatiale devient le tout premier édifice de style gothique en France, où s’élève un double déambulatoire et des chapelles rayonnantes, où la voûte sur croisée d’ogive apparaît maîtrisée. Il entreprend la construction du chevet et de la nouvelle façade occidentale surmontée de 2 tours avec pour la première fois une rosace au dessus du portail central. A cette même époque, l’abbaye bénédictine de Saint-Denis

est une des plus riches de l’Europe médiévale. Elle assume une triple protection : celle du corps et de l’âme du roi par sa fonction de nécropole, celle du royaume symbolisé par la présence de l’oriflamme (bannière de l’abbaye adoptée par les rois de France du XIIème au XVème siècle pour son rôle protecteur et levée dans la basilique en temps de guerre ou de croisade. Montjoie Saint Denis, cri de ralliement des Capétiens sur les champs de bataille est portée dessus) et celle de la couronne par la conservation des regalia (instruments du sacre des rois).

Au XIIIème siècle, l’édifice est reconstruit en gardant la partie basse du chevet et la façade occidentale (ajout d’une flèche de 86 m sur la tour nord). Afin que les moines puissent prier pendant les travaux, l’église carolingienne est détruite peu à peu. Saint Louis est à l’origine des gisants. En 1263, il commande 16 représentations sculptées peintes de différentes couleurs de rois et reines déjà inhumés à Saint-Denis placés au dessus des sarcophages. A partir de la Renaissance, apparaissent les mausolées.

Sous la révolution, la basilique échappe de peu à la destruction et sert jusqu’en 1802 de grenier à blé et à farine. Chateaubriand écrit dans le Génie du Christianisme « Saint-Denis est désert. L’oiseau l’a pris pour passage, l’herbe croît sur ses autels brisés et on n’entend plus que les gouttes qui tombent par son toit découvert ». Les moines

sont chassés de l’abbaye. En 1793, la Convention décide de déterrer tous les corps royaux de la basilique pour les placer dans deux fosses communes creusées dans le cimetière proche de l’abbatiale. La foule envahit alors la basilique et profane les tombeaux, à la recherche de « l’or des rois », mais, à leur grande déception, les monarques étaient enterrés sans ors ni bijoux, pour la plupart dans un simple ligne blanc. Les corps sont jetés les uns sur les autres dans les fosses. De caveau en caveau, lors de cette profanation, les révolutionnaires découvrirent une sorte de long « tunnel du temps », où ils s’enfoncèrent, de roi en roi, jusqu’aux fondations du royaume de France. Le corps d’Henri IV, momifié naturellement est si bien conservé qu’il fut exposé contre un pilier dans la crypte pendant 2 jours. Le corps de Louis XV paraît en bon état mais dès qu’il fut soulevé, tomba en putréfaction liquide.

Au début du XIXème, Napoléon Ier y réintroduit l’exercice du culte. Souhaitant y être enterré, il entreprend la restauration de la basilique. Il créé la Maison d’éducation de la Légion d’Honneur dans les anciens bâtiments abbatiaux. En 1816, Louis XVIII ordonna la reconstitution de la nécropole royale. Les ossements royaux retrouvés sont installés dans un ossuaire dans la crypte. Les travaux de restauration sont d’abord confiés à l’architecte Debret puis à Viollet-le-Duc.

Depuis 1966, La basilique a également le statut de Cathédrale.

http://saint-denis.monuments-nationaux.fr/fr/

http://www.ville-saint-denis.fr/jsp/site/Portal.jsp

http://www.saint-denis-tourisme.com


Dynasties enterrées dans la basilique

Les mérovingiens (Vème au VIIIème siècle)

Certains mérovingiens pensaient qu’en étant ensevelis auprès des trois saints martyrs, ils atteindraient plus facilement le paradis. A cette croyance s’ajoute la volonté d’être légitimé, c’est-à-dire reconnu par l’abbaye de Saint-Denis, véritable puissance politique.

Même si Arégonde, belle-fille de Clovis dont la tombe a été découverte en 1959 par des archéologues , avait déjà choisi Saint-Denis comme lieu de sépulture 50 ans avant lui, Dagobert, roi mérovingien, créateur de la foire de la Saint-Denis sera le premier roi enterré auprès des reliques des martyrs en 639.

Autres rois et reines : Nanthilde (642), épouse de Dagobert, Clovis II (657) et Bathilde (680), Thierry (737).

Les carolingiens (VIIIème au Xème siècle)

Charles Martel, maire du palais (sorte de premier ministre des rois mérovingiens), connu pour son ardeur au combat et ses conquêtes militaires dans le sud de la Gaule, sera inhumé en 741 face au roi Dagobert, affirmant ainsi la puissance de sa famille que l’on appellera bientôt les Carolingiens.

Pépin le Bref, fils de Charles Martel, devient en 754, le premier roi franc sacré à la basilique et en 768, le premier roi carolingien à y être enterré.

Autres rois et reines : Berthe au grand pied (783), épouse de Pépin le Bref , Charles II le chauve (877) et Hermentrude (869), Louis III (882) et Carloman (884).

Les Capétiens (Xème au XIXème siècle)

Hugues Capet, premier d’une longue liste de capétiens, s’appuie sur la puissance de l’abbaye en se faisant élire abbé laïc. Il sera inhumé en 996.

Louis IX ou Saint Louis est inhumé en 1270. Son tombeau d’or et d’argent sera détruit lors de la guerre de Cent ans par les anglais. Il resterait aujourd’hui quelques fragments de ses os dans la chapelle axiale du déambulatoire de la basilique.

Autres rois et reines : Robert II le Pieux (1031) et Constance d’Arles (1032), Henri Ier (1060), Philippe, fils de Louis VI (1131), Louis VI le gros (1137), Louis VII (1180) et Constance de Castille (1160), Philippe II Auguste (1223), Louis VIII (1226), Marguerite de Provence (1295), épouse de Saint Louis, Philippe III (1285) et Isabelle d’Aragon (1271) , Philippe IV (1314), Louis X (1316) et sa fille Jeanne II (1349), Jean Ier (1316), Philippe V (1322), Charles IV (1328) et Jeanne d’Evreux (1371).

Les Capétiens-Valois (XIVème au XVIème)

Au XIVème siècle, à la mort de Duguesclin, Charles V, qui l’a nommé chef des armées royales, ordonne que ses os soient enterrés dans la basilique . Ce sera le premier gisant sculpté pour un personnage de lignée non royale.

Rois et reines : Philippe VI (1350) et Jeanne de Bourgogne (1348) et Blanche de Navarre (1398), Jean II le Bon (1364) et Jeanne d’Auvergne (1361), Charles V le Sage (1380) et Jeanne de Bourbon (1377), Charles VI le Fou (1422) et Isabeau de Bavière (1435), Charles VII le Bien Servi (1461) et Marie d’Anjou (1463), Charles VIII (1498), Louis XII (1515) et Anne de Bretagne (1514), François Ier (1547) et Claude de France (1524), Henri II (1559) et Catherine de Médicis (1589) , François II (1560), Charles IX (1574), Henri III (1589) et Louise de Lorraine (1601).


Les Capétiens-Bourbons (XVIIème au XIXème)

Henri IV (1610)  et Marguerite de Valois (1615) et Marie de Médicis (1642), Henriette d’Angleterre (1669), fille d’Henri IV, Louis XIII (1643) et Anne d’Autriche (1666), Louis XIV (1715) et Marie-Thérèse d’Autriche (1683), Louis XV (1774) et Marie Leczinska (1768), Louis XVI (1793) et Marie-Antoinette (1793), Louis XVIII (1824) .


Le Cœur de Louis XVII

A sa mort en 1795, le cœur de Louis XVII, fils de Louis XVI et Marie-Antoinette, est prélevé illégalement par son médecin, Philippe-Jean Pelletan, et conservé dans une urne de cristal remplie d’alcool éthylique. En 1833, Karl-Wilhem Naundorff profitant des rumeurs selon lesquelles Louis XVII ne serait pas mort, prétend être l’enfant royal. A la mort du fils du médecin, le cœur est confié à différentes personnes pour finalement être placé au Mémorial de France à Saint-Denis en 1975.

Des analyses ADN sont pratiquées en 2000, elles confirment que le cœur est bien celui de Louis XVII. En 2004, le coeur est transféré dans la crypte de la basilique.

Visite payante (libre ou guidée) :

La crypte

Centre de tous les édifices construits, de la première chapelle jusqu’à la basilique du XIIIème siècle, vestige de l’église carolingienne, la crypte serait le premier lieu de culte où jusqu’au moyen-âge, les pélerins venaient vénérer  la tombe et les reliques de Saint-Denis et de ses compagnons.

Face aux vestiges du cimetière gallo-romain, souvenir de l’emplacement des tombes des martyrs, le caveau des Bourbon abrite les corps de Marie-Antoinette et Louis XVI. La Chapelle des Princes contient les cercueils et les urnes (entrailles et cœur) de personnages royaux et princiers inhumés en d’autres lieux et/ou après la révolution et la Chapelle des Bourbon regroupe différents cénotaphes tenant lieu de sépulture ainsi que le cœur de Louis XVII. Dans l’ossuaire, reposent les restes royaux exhumés pendant la révolution française et installés dans la crypte, selon la volonté de Louis XVIII.

Les gisants

Sur les 16 gisants commandés par Saint Louis, 14 subsistent et sont répartis dans les transepts nord et sud. Ces représentations des rois et reines mérovingiens, carolingiens et capétiens ont toutes le visage idéalisé, les yeux ouverts, couronnées et tenant le sceptre. Dans le transept sud, on peut voir le tombeau de Philippe III et d’Isabelle d’Aragon, le tombeau de Charles V et de Jeanne de Bourbon et le

tombeau de François Ier et de Claude de France dont l’un des bas-reliefs du soubassement illustre la bataille de Marignan. Dans le transept nord, on peut apercevoir le cénotaphe de Dagobert à l’entrée du chœur, le tombeau de Louis XII et d’Anne de France, celui d’Henri II et de Catherine de Médicis ainsi que d’autres gisants provenant d’édifices détruits à la révolution.

Le déambulatoire

Parmi les gisants, subsiste celui de Childéric Ier, le plus ancien conservé en France du nord. Les vitraux, dont l’arbre de Jessé dans la Chapelle axiale, commandés par l’abbé Suger au XIIème siècle et restaurés au XIXème siècle sont parmi les plus anciens de France. Une copie de l’oriflamme fait face aux statues orantes de Louis XVI et Marie-Antoinette. L’autel marque l’emplacement des reliques exposées à cet endroit dès le XIIème siècle.

A voir/visiter

autour de la basilique

La Maison d’Education de la Légion d’Honneur

L’ancienne abbaye fut transformée en Maison d’Education des filles de la Légion d’Honneur par Napoléon. Elle accueille de nos jours près de 500 élèves. A visiter pour son ensemble architectural et son vaste parc.

http://www.ville-saint-denis.fr/jsp/site/Portal.jsp?page_id=90

Le musée d’art et d’histoire

Ancien carmel où séjourna Louise de France, fille de Louis XV, on peut y découvrir l’histoire du bâtiment en tant qu’institution religieuse, un fonds sur la Commune de Paris, une partie du fonds Paul Eluard, une superbe apothicairerie du XVIIIème siècle ainsi que des expositions temporaires.

http://www.musee-saint-denis.fr/

Le parcours historique de Saint-Denis

20 bornes reliant la basilique au stade de France évoquant les 2000 ans d’histoire de Saint-Denis. Parcours libre, à pieds. L’office de Tourisme propose toute l’année des promenades commentées pour les groupes, sur rendez-vous.

http://www.saint-denis-tourisme.com

LE STADE DE FRANCE

La visite « Au cœur du Stade » permet aux visiteurs de découvrir toute l’année ce lieu mythique de la Coupe du monde 1998. Plus grand stade de France avec ses 80 000 places, il fut construit pour cette même coupe du monde. Son toit est une véritable auréole flottant à 42 mètres au-dessus de la pelouse. Un site très visité.

RER B et D : Stade de France. Métro ligne 13 : Saint-Denis/Porte de Paris.

http://www.stadefrance.fr/

Le musée de

l’orfèvrerie Bouilhet-Cristofle

Vaste panorama des créations de 1830 à nos jours.

http://www.ville-saint-denis.fr/jsp/site/Portal.jsp?page_id=30 et http://www.christofle.com/

Le Festival de Saint-Denis

A lieu tous les ans au mois de juin, depuis 38 ans. Il présente des grands concerts classiques, symphoniques et chorals ; des concerts baroques dans la Basilique de Saint-Denis ; des récitals et de la musique de chambre à la Maison de la Légion d’Honneur et des soirées festives sous le chapiteau du Magic installé en centre-ville.

http://www.festival-saint-denis.fr/

Pour les restaurants :

http://www.saint-denis-tourisme.com/htm/in_Restauration.htm

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