VIsiter Paris 5e arrondissement (Quartier Latin, Saint-Michel, Panthéon, Mouffetard, Arènes, Jardin des Plantes…)

Un très très bel arrondissement au coeur de Paris, qui tient son surnom de l’enseignement exclusivement en latin prodigué par les universités médiévales, comme la prestigieuse Sorbonne, sur le boulevard Saint-Michel. Le quartier est toujours très estudiantin, et les boulevards Saint-Michel et Saint-Germain sont les deux grands pôles de sorties et de flâneries. Le quartier latin s’étend un peu aussi sur le 6e arrondissement (voir notre page) avec le jardin du Luxembourg, l’Odéon, et une ambiance similaire à Mabillon ou Saint-Germain-des-Prés. Du fait de cette présence étudiante, le Quartier Latin a été au coeur de nombreuses émeutes souvent menées par les nouvelles idéologies. Des philosophes comme Maurras ou Sartre devisaient au café de Flore sur le boulevard Saint-Germain, avant que leurs étudiants royalistes (pour Maurras dans l’entre-deux guerres) ou communistes (pour Sartre), en mai 68 par exemple, créent de gigantesques échauffourées. Un quartier plein de vie, donc !

Autour du quartier latin :

Si vous organisez une balade, vous pouvez faire des connexions depuis la place Saint-Michel, avec nos pages Iles-de-Paris (la Sainte-Chapelle et Notre-Dame-de-Paris sont juste en face), Châtelet, Saint-Germain-des-Prés ou bien une promenade sur les berges de la Seine. Une fois au Panthéon vous pouvez également vous reporter à notre page sur Saint-Germain-des-Prés. Les Catacombes sont également à 5mn en métro.

PLACE Saint-Michel

Un endroit très vivant la nuit comme le jour. La fontaine monumentale (photo en haut de page) a été réalisée par Gabriel Davioud en 1860 et représente Saint-Michel terrassant le dragon. Jetez un oeil sur le Pont-Saint-Michel si ce n’est déjà fait et sur les stands des bouquinistes le long des quais.

Métro : Saint-Michel.

Vous pouvez vous enfoncer dans le quartier latin en prenant la rue de la Huchette, la rue de la Harpe tout de suite à droite, puis la rue Saint-Séverin à gauche, qui vous mène à l’église du même nom.

EGLISE Saint-Séverin

La plus vieille église sur la rive gauche de la Seine. Séverin était un ermite qui vivait ici dans unun petit oratoire au VIe siècle. Une basilique fut ensuite érigée à son nom sur les lieux, mais elle fut détruite par une invasion viking. L’église actuelle fut rebâtie au XIe siècle. Ses gargouilles impressionnantes sont du XVe.

Elle comprend  certains vitraux très anciens, de superbes piliers en forme de palmier et un choeur tout en marbre avec un double déambulatoire qui ressemble vraiment à une palmeraie ! L’orgue fait 59 jeux. Ne pas rater le cloître.

Faites le tour de l’église par la rue des Prêtres Saint Séverin puis la rue de la Parcheminerie. Vous tournerez alors à gauche sur la rue Saint-Jacques, à droite, rue Galande, et vous arriverez à…

EGLISE Saint-Julien-le-pauvre

Succédant à des chapelles dédiée à Saint Julien et existant ici depuis le VIe siècle, l’église Saint-Julien-le-pauvre fut bâtie à peu près en même temps que Notre-Dame, entre 1165 et 1220. Depuis la cour, la vue sur Saint-Séverin et l’entrée de la rue Galande est une des préférées des peintres et photographes de Paris.

Le portail sur la cour est de 1651. Le choeur est très joli avecc sa cloison de bois pour icônes. Dans le bas-côté sud on peut voir une mystérieuse pierre tombale du 15e siècle.

Vus incroyable sur l’église et sur l’île de la Cité depuis le square René-Viviani.

Au n°14 de la rue Saint-Julien-le-Pauvre vous pouvez voir l’ancien hôtel du gouverneur du Petit-Châtelet qui date du 17e siècle.

Poursuivez la rue Galande, puis la rue des Anglais, qui vous mènera au boulevard Saint-Germain que vous suivrez sur la droite. Puis la rue de Cluny à gauche, et la rue du Sommerard à droite.

(Une fois à Saint-Julien-le-Pauvre, si vous ne voulez pas remonter vers Cluny, la Sorbonne et le Panthéon, vous pouvez allez directement en bas de cette page pour visiter Saint-Nicolas-du-Chardonnet, les Arènes de Lutèce, le jardin des Plantes et le Museum d’Histoire Naturelle dont vous n’êtes pas très éloignés. La rue Lagrange, derrière Saint-Julien, vous mènera à Saint-Nicolas).

Cluny

Triplement connu pour ses thermes romains du 3e siècle, son Hôtel des Abbés, et son musée du moyen-âge.

Les thermes : on peut toujours voir et visiter les ruines de ces anciens bains publics gallo-romains, construits vers l’an 200 et détruits par les Barbares à la fin de ce même IIIe siècle. Certaines parties sont vraient bien conservées. Elles abritent certaines collections comme les têtes de la galerie des rois de Notre-Dame, dont les statues furent décapités à la Révolution. Si vous êtes intéressés par le Paris romain, vous pourrez également visiter les Arènes de Lutèce (voir en bas de page). Tous deux ils rappellent que dès l’Antiquité, le Ve arrondissement était déjà le centre de Paris.

L’hôtel des Abbés : ses créneaux et tourelles rappellent qu’il s’agit d’une demeure médiévale, remaniée entre 1485 et 1500, mais l’emplacement accueillit les abbés dépendant de Cluny en Bourgogne dès le XIIIe siècle. Durant le 17e siècle, les nonces du papes (dont Mazarin) y résidèrent. Avec ses arcades, ses gargouilles et sa jolie tour, il vaut le coup d’oeil.

Très jolie chapelle.

Musée National du Moyen-Âge :

Il permet à la fois de visiter l’ensemble architectural, mais aussi d’admirer 23 000 oeuvres et objets élaborés entre la période de la Gaule Romaine et le XVIe siècle, dont la tapisserie de La Dame à la Licorne. Le musée accueille quelques 300 000 visiteurs par an ; des concerts, de belles expos temporaires…

6, place Paul Painlevé

Renseignements au 33 (0)1 53 73 78 00 (standard et serveur vocal) et au 33 (0)1 53 73 78 16 (accueil).

Ouvert tous les jours sauf le mardi, de 9 h 15 à 17 h 45 – Fermeture de la caisse à 17 h 15.
Fermé les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.

http://www.musee-moyenage.fr

Métro : Cluny-la-Sorbonne, Saint-Michel ou Odéon

La Sorbonne

En remontant un peu le boulevard Saint-Michel, vous arrivez à la place de la Sorbonne, siège de la célèbre université.

En 1253, Robert de Sorbon, confesseur de Saint-Louis, y établit un collège pour des étudiants pauvres voulant apprendre la théologie. Par la suite et durant toute la période monarchique, la Sorbonne deviendra l’université de théologie de Paris et le siège central des universités parisiennes.

Durant cette longue histoire, elle aussi un rôle important à un niveau français et européen. C’est elle par exemple qui condamnera les Templiers ; enverra l’évêque Pierre Cauchon condamner Jeanne d’Arc, sera le cerveau de la lutte contre le protestantisme puis contre les philosophes des Lumières. Son proviseur le plus célèbre sera Richelieu lui-même. Elle fut rebâtie entre 1885 et 1901. En mai 1968, la Sorbonne fut l’épicentre des émeutes étudiantes dirigées par les marxistes.

Parmi les dizaines d’amphithéâtres, salles, bibliothèques… on peut  voir par exemple le Bois Sacré du peintre Puvis de Chavannes qui se trouve dans le grand amphithéâtre. De la cour d’honneur, on voit le dôme de la chapelle.

L’Eglise de la Sorbonne fut construite entre 1635 et 1642 dans le style jésuite. Sa façade latérale dans la cour d’honneur, est bordée de 10 colonnes corinthiennes.

Tout à fait remarquable, le tombeau de marbre blanc du Cardinal de Richelieu est à l’intérieur de l’église, et date de 1694. Les universitaires morts pour la France reposent dans la crypte.

Site internet

Montagne

Sainte-Geneviève

Depuis la Sorbonne vous pouvez remonter la rue Victor Cousin jusqu’à la rue Soufflot. Le Panthéon est juste à gauche.

Au IIIe siècle, les Romains avaient colonisés cette hauteur de Lutèce, alors que la ville gauloise, était en bas. Un temple dédié à Mercure couronnait la ville romaine à l’emplacement de l’actuel Panthéon. Mais les Barbares détruisirent tout à la fin de ce siècle.

Les grands collèges s’installèrent ici à partir de 1253 et l’érection de la Sorbonne.

Le Panthéon

Louis XV tomba gravement malade en 1744. Il fit alors le voeu de construire une grande église à cet endroit si Dieu lui donnait la guérison, car l’abbaye Sainte-Geneviève devenait vétuste. Il fut donc guéri…

Soufflot va s’occuper des plans de l’édifice monumental : 110 mètres de long, 84 de large et 83 de haut. Commencés en 1758, les travaux ne s’achèveront qu’en 1789, année de la Révolution, pas la plus tranquille pour la religion en France. La Constituante décide en 1791 que l’église abritera dorénavant “les cendres des grands hommes de l’époque de la liberté française”, et donc “Panthéon” comme la demeure des dieux de l’antiquité. Mirabeau, Voltaire ou Rousseau y seront inhumés, Victor Hugo en 1885 (photo ci-dessous à droite). 73 personnes en tout, avec entre autres Emile Zola, Victor Shoelcher (qui abolit l’esclavage) de Jean

Jaurès (fondateur du journal communiste L’Humanité) ou de Jean Moulin en 1965.

Les 42 fenêtres ont malheureusement été bouchées par la Constituante, ce qui donne un petit air de bunker à l’édifice.

Soufflot a puisé dans tous les registres architecturaux :

– gothique : par la structure, constituée d’une nef voûtée, contrebutée par des arcs-boutant au-dessus des bas-côtés,

– byzantin : avec l’usage des coupoles en couvrement,

– classique : la coupole à tambour, avec son péristyle extérieur, est une référence au tempietto de Bramante,

– mais surtout antique : péristyle à six colonnes à entrecolonnement régulier et à

fronton triangulaire (unique à l’époque), colonnes corinthiennes portant un entablement — alors que l’usage à l’époque était les piliers carrés portant des arcades.

Le Panthéon est en conséquences considéré comme le premier monument de style éclectique.

Le dôme en pierre et recouvert de plomb est d’un poids avoisinant les 10 000 tonnes…

La crypte, pas vraiment souterraine, couvre toute la surface du Panthéon. A l’entrée, une une contient le coeur de Léon Gambetta.

Le décor fut plus ou moins religieux en fonction des périodes monarchiques ou révolutionnaires, pendant lesquelles ont changeait le décor. Ses murs sont en tous cas couverts de peintures grandioses les grandes heures de l’histoire de France, les plus célèbres étant celles de sainte Geneviève par Puvis de Chavannes.

Une superbe visite virtuelle du Panthéon proposée par l’Université de Columbia.

Métros : Cardinal Lemoine ou Place Monge. RER : Luxembourg.

Site internet officiel

Ouvert  du 1er avril au 30 septembre : de 10h à 18h30 – Du 1er octobre au 31 mars : de 10h à 18h – Dernière entrée 45 minutes avant la fermeture – Fermé les1er janvier, 1er mai et 25 décembre.

Plein tarif (adulte) : 7,50 €, et différentes réductions.

Tél. : 33 / (0)1 44 32 18 00 ou 33 / (0)1 44 32 18 01.

Sur la place du Panthéon on peut voir, côté rue Soufflot, la façade de l’ancienne faculté de Droit réalisée par Soufflot en 1772.

Derrière le Panthéon se tient le prestigieux Lycée Henri IV, qui remplace depuis 1796 la basilique Sainte-Geneviève, massacrée par la révolution, où le roi Clovis se fit enterrer avec sa femme et sainte Geneviève, un endroit qui eut la ferveur des parisiens pendant tout le moyen-âge. De cet difice ne subsite que le clocher de l’église, le réfectoire (rue Clotilde) et quelques caves.

Derrière la bibliothèque Sainte-Geneviève, on peut voir le collège Sainte-Barbe qui date de 1460.

Et au n°21 de la rue Valette se dresse encore une tour datant de 1560.

L’église Saint Etienne-du-Mont

Créée à partir de 1222, cette jolie église derrière le Panthéon fut conçue pour renforcer l’abbaye Sainte-Geneviève déjà trop exiguë. Ce qui fut encore le cas à la fin du XVe, Saint-Etienne étant alors entièrement reconstruite, pendant plus d’un siècle, les voûtes de la nef étant terminée en 1584 et la première pierre de la (belle et unique) façade fut posée en 1610 ! Son apparence extérieure n’a pas beaucoup changé depuis. Rapidement, Saint-Etienne-du-Mont gagne en popularité durant les XVIIe et XVIIIe siècles. Pascal ou Racine y seront inhumés.

Elle fut un temps, comme beaucoup d’églises transformée en “temple” durant la Révolution, “temple de la piété filiale” en ce qui la concerne. Ces messieurs détruisirent toutes les statues d’origine…

En 1883, la Société Saint Vincent de Paul y futé créée par le Bienheureux Frédéric Ozanam.

Le pape Jean-Paul II y célébra une messe en 1997.

A l’intérieur, la voûte flamboyante est splendide. Le buffet d’orgues est du 17e et très bien décoré. L’orgue est composée de 92 jeux.

Le remarquable Jubé (galerie transversale depuis laquelle on lit l’évangile) est le seul restant à Paris. Son centre est décoré de style Renaissance.

On peut y voir également la châsse de Sainte-Geneviève avec de petites reliques (les Révolutionnaires brûlèrent tout ce qu’ils trouvèrent).

Voir également le Cloître des Charniers, derrière le coeur et ses beaux vitraux du 17e.

Prenez la rue Clovis, derrière le Panthéon et tournez à droite par la rue Descartes. Vous arrivez à la…

Rue Mouffetard, qui débute par la jolie place de la Contrescarpe qui tranche avec la monumentale place du Panthéon par son atmosphère typiquement parisienne, ses petits commerces, son marché (dimanche matin), ses bars, restaurants et, souvent, concerts de rue. Vous pouvez descendre la rue et jeter un coup d’oeil dans les ruelles adjacentes afin d’y dénicher la boutique rare que vous cherchez depuis toujours !

Depuis la rue Mouffetard : ou vous redescendez la montagne pour voir les Arènes, le Jardin des Plantes et le museum d’histoire naturelle… ou bien vous retournez au Panthéon, puis par la rue Soufflot vous regagnez le boulevard Saint-Michel. Vous êtes alors en face du jardin du Luxembourg, début de notre balade dans le 6e Arrondissement (cliquez pour voir la page).

Saint-Nicolas-du Chardonnet

L’église existe depuis 1656 (façade de 1934). Elle a une très jolie porte sculptée qui donne sur la rue des Bernardin. L’intérieur est de style jésuite, et on peut y voir des tableaux de Coippel ou de Charles Le Brun.

Les messes y sont en latin avec des chorales imposantes et un cérémonial impressionnant : les évêques de France refusant de leur donner une église, les tenants de cette messe ont investi Saint-Nicolas par la force en 1977 et en ont fait leur vitrine.

Site internet

Depuis Saint-Nicolas, vous pouvez remonter la rue Monge jusqu’aux…

Arènes de Lutèces

On y accède par le n°49 de la rue Monge.

Elles sont en fait un amphithéâtre romain datant du Ier siècle formant une ellipse de 52 mètres de long sur 46 de large, principalement dédiée aux combats de gladiateurs, et qui pouvait accueillir 17 000 personnes. Sa scène faisait 41 mètres. Elles furent abîmées – comme les thermes de Cluny (voir plus haut) – à la fin du IIIe siècle par l’invasion viking, mais réhabilitées en 577 afin d’y donner des spectacles. Elles furent redécouvertes en 1869.

Métro : Place Monge

Des Arènes vous pouvez remonter la rue Monge jusqu’à la place Monge qui date de 1930 puis redescendez la rue Lacépède et vous arrivez au Muséeum d’Histoire Naturelle et au…

Jardin des Plantes

Il appartient désormais au Museum d’Histoire Naturelle (voir ci-dessous), mais date de 1650, quand les médecins du roi Louis XIII y implantèrent le Jardin Royal des Herbes Médicinales, qui devint aussi une école de botanique, d’histoire naturelle et de pharmacie. Des scientifiques sont rapidement chargés de parcourir le monde afin de ramener des collections nouvelles de plantes.

Le jardin s’étend de part et d’autre d’une grande perspective de 500 mètres de long avec des parterres à la française, entre le musée et la Seine.

Le parc comprend une roseraie avec 170 espèces, une serre “jardin d’hiver”, une serre “mexicaine” et une autre “australienne”, et un jardin Alpin. La ménagerie qui existe depuis 1795, présente pour sa part 1100 animaux (mais pas de grandes espèces comme les éléphant, girafe, lion, tigre, gorille, chimpanzé, ours).

Métro : Gare d’Austerlitz ou Monge

Site internet

Galerie de photos sur le jardin

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