Le
vaudou ("dieux") est un culte animiste originaire de l'ancien royaume
du Dahomey (Afrique de l'Ouest). Il est toujours largement
répandu au Bénin et au Togo, comme dans le
célébre marché des
féticheurs à
Lomé. Le vaudou correspond au culte yoruba des Orishas.
(photo
de droite : costume de carnaval au musée Le Presbytere,
Jackson Square)
Au
sommet du panthéon vaudou figure Mawu, Dieu
suprême qui
règne sur les autres dieux. Le panthéon vaudou
est fait
d'une multitude de Lwas, qui sont des esprits, ou dieux
inférieurs, pouvant entrer en communication et
même
collaborer avec les humains.
Pour
faciliter les mises en relation avec les esprits, ou bien comme
offrandes, sont utilises des "gris-gris" objets sacres de toutes formes.
Les
envoûtements et autres aspects sombres du vaudou sont les
plus
connus, entre autres les petites poupées piquées
par des
aiguilles.
La
plus célèbre voodoo-queen de la Nouvelle-Orleans
était Marie Leveaux, dont la mémoire est toujours
entretenue (voir le tableau ci-contre et plus bas sur cette page).
L’Eglise
Catholique, très présente en Louisiane pour des
raisons
historiques évidentes (présences
françaises et
espagnoles), n’est généralement pas
très
partisane de ce genre de cérémonies, mais la
frontière entre les cultes semble moins évidentes
en
Louisiane. D’ailleurs les praticiens vaudous sont
persuadés d’être de bons catholiques.
Cimetière
Saint-Louis
n°1
(au
nord du Quartier Francais, à gauche d'Armstromg Park)
La
tombe de Marie Leveaux se trouve ici. Elle est facile à
repérer, c'est celle qui comporte le plus de XXX
dessinés
un peu partout dessus. D'autres tombes sont visiblement
utilisés
pour des rituels vaudous, eut egard au nombre d'objets
fétichistes qui jonchent le cimetière (les
praticiens
vaudous dessinent trois X et frottent le pied par terre avant
d'émettre un voeu).
Le
côté "vieux cimetière aux tombes semi
effondrées" inspirent de nombreux peintres et touristes.
Mais,
si la Louisiane et la Nouvelle-Orléans ont eu à
payer -
et payent toujours - les dégâts de la
tempête
Katrina. Il est moins compréhensible de la part des
autorités françaises de laisser les tombes de
Saint-Louis
dans cet état (voir photos). Car la plupart des tombes sont
celles de Français, nés en Louisiane
française,
donc en France.
Un
conseil : ne vous rendez pas seul dans ce cimetière ( ou
alors
tôt le matin), étant un peu isolé, de
nombreuses
agressions s'y sont produites par le passé. Les visites
guidées vous révéleront tous les
petits secrets de
l'endroit, mais en moins risqué).
-
Le musée du Vaudou propose des visites guidées de
Saint-Louis N°1 :
Il
est assez difficile de trouver une ville américaine sans
maisons
hantées et apparitions diverses. Ceci dit, New-Orleans,
comme
Savannah, en font une spécialité.
du
Vaudoo
Un
petit musée très intéressant
où on peut
tout apprendre sur l’histoire et les pratiques du vaudoo,
tout en
observant les collections de gris-gris et d’objets ayant
appartenu à Marie Leveaux et d’autres
voodoo-queens. Ce
musée a été lancé dans les
années
1970 par les frères Gandolfo, une famille originaire
d’Haïti émigrée en Louisiane
(Jerry Gandolfo
sur la photo). Le musée contient également une
boutique
(cds, souvenirs, grisgris, poupées…)
724
Dumaine Street (quartier Français) – 504-680-0128
Le
dernier soir d’octobre est donc un
événement
à la Nouvelle-Orléans, plus encore
qu’ailleurs aux
USA...
Cinéma :
-
James Bond - To live and let die. Une épopée
hilarante de
007 (Roger Moore) en Louisiane et dans les caraïbes, traquant
un
groupe de trafiquants vaudous, dont le terrible Baron Samedi.
-
White Zombie, 1931, de Victor Halperin, avec Bela Lugosi — le
tout premier film consacré aux zombies.
-
Vaudou, 1943, de Jacques Tourneur — le classique du genre.
- The
Divine Horsemen The Divine Horsemen (The Living Gods Of Haiti), 1953,
de Maya Deren.
- Angel
Heart, Angel Heart, de Alan Parker, avec Mickey Rourke, Robert De Niro
et Lisa Bonet — situé à la
Nouvelle-Orléans,
où les pratiques du vaudou se sont effectivement
exportées.
- L'Emprise
des ténèbres, L’emprise des
ténèbres, de Wes Craven, 1987.
- La
Porte des Secrets Miss Shumway jette un sort, de Claire Deploe
d'après le roman de James Hadley Chase
-
Bon nombre de chanteurs cajuns ont
célébré le vaudou par la musique.
-
Le guitariste Jimi Hendrix prétendait être un
enfant
vaudou dans sa chanson Voodoo Chile, il se faisait aussi appeler Voodoo
Child ;
-
La chanteuse béninoise Angélique Kidjo rend
hommage aux
esprits dans sa chanson "Yemanja" (album Ayé, reprise dans
Black
Ivory Soul).
-
Ruth Brown : Voodoo mama
Livres
:
- Maryse
Condé, Moi Tituba sorcière noire de Salem, Moi,
Tituba,
sorcière noire de Salem - Gallimard, 1982, raconte
l'histoire
d'une esclave noire des Antilles initiée à la
magie,
revendue et emmenée à Salem lors de la chasse aux
sorcières.
Tim
Powers, Sur des mers plus ignorées, Sur des mers plus
ignorées, 1987.
Voici
une partie de l’étude du Dr. Ibrahima SECK sur
Snakes and
Women : Vaudou et Genre à New Orleans au 19e
siècle.
Et
qui parle beaucoup de Marie Lavaux.
Be
careful what you do
or
Mumbo Jumbo, God of the Congo
And
all the other gods of the Congo
Mumbo
Jumbo will hoo-doo you
Mumbo
Jumbo will hoo-doo you
Mumbo
Jumbo will hoo-doo you.
(chanson
collectée à New Orleans)
A
New Orleans, Papa Legba, que les Noirs appelaient aussi Papa Limba, du
nom de la divinité de la génération en
Angola,
était identifié à Saint-Pierre et pas
du tout au
Diable. C'est ce qui ressort de l'interview de Joséphine
Green,
une octogénaire interrogée dans les
années 194O
par Robert Tallant. Elle se rappelait encore de l'histoire de Marie
Leveau, la grande prêtresse du vaudou de la Nouvelle
Orléans, telle que racontée par sa
mère:
"Ma
maman l'a vue, disait Joséphine -
c'était avant la
guerre civile. Elle entendit du bruit sur la rue Frenchmen
où
elle habitait et sortit. Son papa lui dit, "où vas-tu ?
Reste
dans la maison !", elle répondit, "Marie Leveau arrive et je
dois la voir". Elle vit Marie Leveau arriver avec une grande foule qui
la suivait. Ma mère disait qu'elle se pavanait comme si la
cité lui appartenait, elle était grande, avait
bonne mine
avec ses cheveux retombant sur son dos. Elle ressemblait à
une
Indienne ou à une de ces Bohémiennes. Elle
portait de
grandes jupes et beaucoup de bijoux. La foule qui l'accompagnait criait
"nous allons voir Papa Limba ! Nous allons voir Papa Limba !". Mon
grand-père courut après ma mère en lui
disant,
"viens-là, Eunice, Ne sais-tu pas que Papa Limba est le
diable
?". Mais après, ma mère apprit que Papa Limba
signifiait
Saint-Pierre et que son père voulait tout simplement la
tromper".
L'été
1881 fut sans doute le plus chaud que la Nouvelle Orleans ait connu
depuis un demi-siècle selon le New Orleans Times du jeudi 23
Juin 1881 qui annonçait la mort de six personnes
et
d'animaux par insolation. Ce journal évoquait aussi la
tenue,
dans la soirée de ce jour caniculaire, d'une
cérémonie en l'honneur de Marie Leveau, Reine du
vaudou,
décédée une semaine plus
tôt. La
cérémonie devait se tenir sur les bords du bayou
Saint-Jean, loin du "monde individualiste et du regard inquisiteur des
reporters" nous apprend le même journal. Des reporters dont
l'éradication était recommandée par le
New Orleans
Republican, afin que disparaissent des colonnes des journaux partisans,
les exagérations et les fausses nouvelles qui avaient
suscité des commentaires désagréables
de la part
de leurs confrères du Nord au sujet du "Voudouism"
à la
Nouvelle Orléans. L'article du New Orleans Times commence
par un
bref historique du vaudou et de la célébration de
la
Saint-Jean par ses adeptes à la Nouvelle Orleans. Il
apparaît que depuis les premiers temps de l'histoire
coloniale de
la Louisiane, "une large classe de nègres ignorants qui
s'appelaient Voudous" avait pris l'habitude de s'assembler la nuit de
la Saint-Jean en un endroit désert, dans les
marécages,
afin de s'adonner à "d'étranges rituels
fétichistes".
Rhélez
toutes toutou l'Afrique Guinin (...)
Rhélez
toute nachon Ibo (...)
Rhélez
toute nachon An-Mine (...)
Rhélez
toute nachon Mandingue (...)
Rhelez
toute nachon Sinigal (...)
Rhélez
toute nachon Congo (...)
Rhélez
toute nachon Nago (...)
Rhélez
toute nachon Dan-homeh (...).
Eh,
yé yé Mamzelle
Ya
yé yé li konin tou gris-gris
Li
té kouri lékol avec vié kikordi
Oh
ouai yé Mamzelle Marie
Li
konin bien le Grand Zombi
Kan
sôlei té kashé
Li
té sorti Bayou
Pou
apprende le vaudou....
Le
vaudou louisianais était incontestablement dominé
par les
femmes. Dans Africans in Colonial Louisiana, G.M. Hall a
remarqué aussi que "unlike Haïtian Voodoo,
Louisiana Voodoo
was dominated by women". Elle tente aussi d'expliquer cette domination
féminine à travers des données
démographiques. Celles-ci montrent en effet une
présence
remarquable des femmes Fon et Yoruba dans les plantations de Louisiane.”
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