Le
quartier de Harlem, ancien village au nord de New-York, se situe et
s’étend au nord de l’île de Manhattan, entre la Harlem River, l’East
River et l’Hudson River, avec Central Park au sud. Le secteur central
et occidental commence au sud avec la 110e rue et va jusqu’à la 155e
rue au nord. Le quartier est subdivisé en trois quartiers : West
Harlem, Central Harlem et East Harlem avec la Cinquième Avenue comme
séparateur vertical et la 125e comme coeur.
East Harlem abrite pour
l'essentiel le Spanish Harlem, au sud de la 116e Rue, avec ses
communautés hispaniques dont de nombreux Portoricains.
En tout, Harlem est habitée par
260 000 habitants.
HISTOIRE DE HARLEM
En 1820, on dénombrait 91
familles à Harlem, une église, une école et une bibliothèque. Des
bâteaux à vapeur reliait le village à New-York, puis une ligne de
tramway en 1831 que vint renforcer le chemin le train en 1837. Pendant
la deuxième moitié du XIXe siècle, l'arrivée massive dans le quartier
de pauvreté immigrée depuis irlandaise, provoqua son déclin. En 1880,
métro rapprocha Harlem du centre de Manhattan, et favorisa le
développement immobilier de type banlieue. Mais de belles maisons
brownstones, des villas bourgeoises et de beaux jardins y sont encore
construits. Mais l’offre est trop abondante, et les prix
baissent et Harlem accueille de plus en plus de pauvres au début du XXe
siècle. Le krach immobilier de 1904-1905 fit s’effondrer les prix des
loyers et les Noirs y arrivèrent en masse, souvent en provenance du Sud.
Un premier mouvement
artistique, la Renaissance de Harlem vit le jour dans les années 1920.
Ainsi, l’activiste Marcus Garvey s’y installa en 1918, le musicien Duke
Ellington en 1923 ou encore Louis Armstrong en 1924, pour ne citer que
les plus connus.

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: striatic pour Flickr.com
En juin 1934, des boycotts
furent organisés par la Citizens' League for Fair Play22 contre le
grand magasin Blumstein's situé sur la 125e Rue. Le magasin accepta
d'embaucher des Afro-américains. Fort de ce succès les protestations
des Harlémites continuèrent, menées par d'autres leaders comme le
religieux et futur membre du Congrès Adam Clayton Powell Jr.. Ce
dernier chercha à changer les pratiques d'embauche dans d'autres
magasins et à généraliser l'emploi des noirs, et des membres de groupes
protestataires.
Malgré le départ de la plupart
des écrivains, la création littéraire se poursuivit, notamment sous
l'impulsion de Ralph Ellison (1913-1994) et de Richard Wright
(1908-1960). L'American Negro Theater fut créé le 5 juin 1940 par
l'écrivain Abram Hill et l'acteur Frederick O'Neal. Sidney Poitier et
Harry Belafonte fréquentèrent son école. Dans les années 1940, des jam
sessions furent organisées au Cecil Hotel.
Le Minton's Playhouse était le
nom du club qui se trouvait au premier étage de l’hôtel ; il fut actif
de 1938 à 1970 et accueillit les plus grands noms du jazz de l'époque :
Thelonious Monk, Charlie Parker ou encore Dizzy Gillespie. Ces derniers
lancèrent le bebop au milieu des années 1940.

Après la Seconde Guerre
mondiale, Harlem fait l’inverse des Etas-Unis : il s’enfonce dans la
crise jusqu’à devenir un ghetto, et tout le quartier se délabre alors
que les taux de chômage et de toxicomanie montent en flèche.
Parallèlement, l’activisme et la lutte pour les droits civiques se
développent, dont la Nation of Islam de Malcom X (photo), qui y est
assassiné en 1965. Mais les émeutes continuèrent, et, dans les années
1970 et 1980, dès qu’un habitant en avait les moyens, il fuyait Harlem
au plus vite. De nombreux immeubles étaient condamnés. Les taxis blancs
avaient peut de s’y rendre, comme on le voit dans le film Taxi Driver
de Martin Scorsese où Travis Bickle (interprété par Robert De Niro) se
fait jeter des pierres sur son taxi par de jeunes noirs.
La 125e rue est aujourd’hui
rénovée ; un axe moderne de Harlem avec ses nombreux commerces, et ses
peintures murales très colorées, car, depuis la fin du XXe siècle,
Harlem a connu d'importants changements à tous niveaux, et a été
revitalisées. Comme tout ce qui est proche de Manhattan, et sa pénurie
de logements, Harlem s’est embourgeoisée notamment grâce à la
rénovation des brownstones.
Avec la mise en place de la
politique de «tolérance zéro» dans les années 1990, la criminalité
s’est effondrée, et Harlem est aujourd’hui un quartier sûr dans la
journée, et ses grands axes sont calmes à la nuit tombée.
A VOIR A HARLEM
Harlem est très bien desservie
par les lignes de bus et de métro.
Le centre commercial « Harlem
USA » est l'un des principaux symboles de la Renaissance du quartier :
On y trouve, entre autres, le Hue Man Bookstore, une librairie
spécialisée dans la littérature afro-américaine et plein d’autres
commerces et Starbucks.

Le Studio Museum in Harlem est
le seul musée afro-américain reconnu par l'Association des Musées
Américains. Situé au 144 West de la 125e Rue, il est ouvert depuis 1967
; ses collections comprennent des objets et des peintures
représentatifs de la culture afro-américaine. www.studiomuseum.org
Fondé en 1923, le Museum of the
City of New York retrace l'histoire de la ville à travers une
collection variée d'objets et d'œuvres d'art. Il se trouve dans le
secteur de Spanish Harlem, en bordure de Central Park. 1220 Fifth Av. www.mcny.org
Audubon Terrace regroupe un
ensemble de musées et d'institutions culturelles installés au nord-est
de Harlem
Crédit
Photo : FLjenschapter3 pour Flickr.com
Plus de 700 bâtiments sont
classés comme patrimoine historique et architectural à Harlem.
Le quartier est un résumé de
l’histoire de l’architecture new-yorkaise. Le plus ancien bâtiment est
la demeure d'Alexander Hamilton, construite en 1802 dans le style
fédéral.
Deux ensembles de brownstones
de la fin du XIXe siècle subsistent à Strivers' Row et Astor Row.

Dans les premières années du
XXe siècle, les bâtiments du campus du City College of New York ont été
construits en néogothique et sont l'œuvre de l'architecte George Browne
Post. Avec le dynamisme du quartier dans l'Entre-Deux-Guerres, de
grands ensembles résidentiels sont bâtis tels que les Dunbar Apartments
(1926) ou les Harlem River Houses (1937). Le Claremont Theater
Building, dessiné par Gaetano Ajello et ouvert en 1914, adopte quant à
lui le style néo-renaissance.
Crédit Photo : FLjenschapter3 pour Flickr.com
Harlem est également réputé
pour ses nombreux édifices cultuels qui illustrent une importante
diversité d'architecture. Les plus connues sont de style néogothique :
Mother Zion Church (1925), Abyssinian Baptist Church (1923). D'autres
sont marquées par un certain éclectisme : All Saints Roman Catholic
church (dessinée par James Renwick Jr en 1872), St. Thomas the Apostle
church (1907).
Enfin, les clubs de jazz
(Apollo Theater, Minton's Playhouse), les maisons des musiciens ou
d’écrivains (Langston Hughes) constituent autant de lieux de pèlerinage
pour les passionnés de jazz, de gospel ou de littérature. www.harlemspirituals.com
James Baldwin (1924-1987)
expose dans son oeuvre littéraire la pauvreté et la discrimination,
comme par exemple dans Harlem Quartet.
Certains films retracent la
période d'apogée du quartier dans les années 1920, comme le Cotton Club
de Francis Ford Coppola.
Des «Heritage Tours» sont
organisés dans le quartier, sur l’histoire de la lutte pour les droits
civiques : www.harlemheritage.com
Pour les autres «tours» généralistes : http://welcometoharlem.com ou http://harlemyourwaytours.com
